Y a t-il un point commun entre la demande formulée aux enseignants par Nicolas Sarkozy de lire la dernière lettre de Guy Môquet et sa participation récente à une réunion de l’UMP au siège de ce parti ? En apparence, non et pourtant à bien y réfléchir, n’est-ce pas, dans les deux cas, faire évoluer la politique vers, non pas le primat de l’intérêt général mais vers la promotion à court terme d’enjeux très politiciens.
« L’ouverture » fait grincer des dents à droite ; qu’à cela ne tienne, une visite au siège de l’UMP viendra mettre du baume sur des grognements nés de l’impression de se laisser berner ou abandonner par son chef de camp !
Puis un coup de barre en direction de la gauche avec cette initiative de mémoire.
Personne ne conteste qu’un Président ait le droit de proposer une nouvelle commémoration. Encore faudrait-il que l’on sache la finalité recherchée et qu’elle associe l’ensemble de la Nation. Est-ce le cas ? Non.
Jean-Pierre Azema, dans un très bel article récent de l’Histoire (n°323) invite à quelques mises au point lorsqu’on veut faire un usage politique de l’Histoire.
« Il ne faudrait pas que cet usage, apparemment émouvant, d’une lettre touchante mais singulièrement dépourvue de considérations politiques, notamment à cause de la censure allemande, empêche de préciser que si dans la Résistance n’ont pas milité seulement des femmes et hommes « de gauche », si tous les hommes politiques de droite ne se sont pas retrouvés à Vichy, ce sont bien des hommes de droite d’alors qui, par haine de la gauche, ont aidé l’occupant à établir la liste des 27 suppliciés. [...] Rappelons que, en juillet 1995, Jacques Chirac a fait repentance pour l’attitude de l’Etat, de la France, dans les déportations des Juifs de France ; c’était la parole du chef de l’Etat, elle comptait, ce n’était pourtant pas la vulgate et le texte eut d’autant plus de retentissement qu’il n’était assorti d’aucune obligation. Son successeur ferait bien de méditer cet exemple ».
Qu’attend-on d’un Président de la République ? Certainement pas une politique de gestes successifs visant à l’expression d’une société fragmentée, faite de corporatismes qu’il s’agirait de flatter les uns après les autres. Les vrais républicains de gauche comme de droite, j’en suis sûre, en conviendront. Revenons aux sources de notre République : une et indivisible.







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