Beaucoup d’audace. On pourrait résumer ainsi la
réhabilitation de l’immeuble de logements qui vient de s’achever au 1 rue de Turenne.
Audace architecturale tout d’abord. Celle des architectes, Karine Chartier et Thomas Corbasson qui, en imaginant pour façade une « peau métallique » unique composée de claustras perforées fixes et coulissantes, ont su faire oublier le mur aveugle qui défigurait la rue et offrir au promeneur un nouveau point de repère. Audace architecturale doublée d’une audace technique tant les contraintes liées au bâti ancien ont compliqué la tâche de l’entreprise Fayolle chargée du chantier qui a mené avec brio les travaux.
Audace sociale ensuite. En faisant rimer logement social (voire « très social » avec quatre logements classés PLAI) et geste architectural, la Ville de Paris, la Mairie du 4ème arr. et la SIEMP ont prouvé que la qualité, tant intérieure qu’extérieure, peut s’appliquer à la réhabilitation d’un immeuble destiné à renforcer la mixité sociale. Dernier immeuble insalubre de l’arrondissement, sa rénovation, qui témoigne de la lutte contre l’habitat indigne engagée par la Ville de Paris, n’en est que plus symbolique. Dans un arrondissement comme le 4ème ou la possibilité de bâtir neuf est quasiment impossible, augmenter la part de logements sociaux est un véritable défi. Mon équipe municipale et moi mêmes nous sommes fixés d’atteindre 10% de logements sociaux d’ici la fin de la mandature en 2014 en continuant la politique de préemption engagée depuis 2001.
Audace urbaine en outre, d’oser une telle réhabilitation au cœur d’un quartier patrimonial, dans le périmètre du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Marais dont la révision a débuté. C’est notre conception de l’action publique, à rebours de la muséification des centres historiques dont beaucoup se contenterait. Hyper centre d’une capitale européenne, le 4ème arr. ne peut se recroqueviller sur les joyaux de son passé mais se doit au contraire d’imaginer des solutions d’aujourd’hui adaptée aux besoins d’aujourd’hui, y compris dans son patrimoine. Dans le « Paris » de Cédric Klapisch, Fabrice Lucchini dit fort justement : « Paris fabrique en permanence sa modernité sur ce conflit entre le vieux et le moderne ». La réhabilitation exemplaire du 1 rue de Turenne l’atteste et préfigure notre action et les nouvelles réponses à apporter dans ce secteur protégé.
Audace enfin, car le rez de chaussée du bâtiment accueillera un commerce de proximité, en l’occurrence un poissonnier, commerce qui avait quasiment disparu de l’arrondissement depuis plusieurs années. Dernier signe de la renaissance de cet îlot, « Le comptoir des Mers » de Xavier Auguet parachèvera le succès de cette opération à son ouverture en juillet prochain.

Superbe réalisation!
Rédigé par : asse42 | 07 avril 2009 à 01:14