Depuis que Nicolas Sarkozy est Président de la République, la France compte 1 million de chômeurs de plus. Ces cinq dernières années, 350 000 emplois industriels ont été détruits. Aujourd’hui, un jeune actif sur quatre est au chômage. Mais qu’à cela ne tienne, à défaut d’assumer son bilan, le Président sortant ne manquant pas d’aplomb souhaite fêter le travail… mais quel travail ? « Le vrai travail », il nous l’a dit le 23 avril.
Il existerait donc un « vrai travail » réel, authentique qui s’opposerait à un faux travail exercé par de faux travailleurs.
Déjà en 2007, le candidat Sarkozy appelait de ses vœux à réhabiliter la valeur travail prétendument dégradée, et proposait aux Français de travailler plus pour gagner plus. Après 5 ans de présidence Sarkozy que signifie le « vrai travail » ? Le « vrai travail » est-il le travail précaire, temporaire, en interim, en CDD, qui a explosé après une décennie de libéralisme effréné ? Les 7 à 8% de travailleurs pauvres que compte le pays ont-ils un vrai travail ? Le fait qu’à diplôme équivalent, les personnes vivant en zones urbaines sensibles connaissent un taux de chômage deux fois plus élevé, que les femmes continuent à gagner 20% de moins que les hommes, est-ce cela le vrai marché du travail ? « Le vrai travail » est un mythe censé masquer le vrai bilan du président sur les questions d’emploi : son vrai échec.
Plus que jamais, le Président sortant se pose en candidat du clivage et de la division des Français. Il ne cesse de dresser les uns contre les autres : vrais travailleurs contre assistés, ceux qui se lèvent tôt contre ceux qui se lèvent tard, «vrais gens » contre microcosme parisien, les salariés contre les fonctionnaires. Et en plus, voilà un Président versatile, aux abois, qui n’assume même plus ses propos.
Face à cette stratégie du pire, François Hollande propose le rassemblement des Français. Pour nous, il n’y a pas les vrais travailleurs contre les faux. Il y a juste des travailleurs, qui doivent être justement valorisés, justement rémunérés, justement protégés des licenciements boursiers.
L’heure n’est pas à opposer les travailleurs entre eux, mais plutôt à réguler un monde du travail complètement déstabilisé par 5 années de dérégulation.
Il est anormal, comme ce fut le cas récemment, qu’un professeur de collège soit recruté suite à une annonce passée sur un site Internet de bonnes affaires. Il est injuste que des femmes en situation de précarité enchaînent les CDD jusqu’à 50 heures par semaine pour gagner moins de 1300€ par mois. Il est indécent qu’un patron français touche un bonus de 16 millions d’euros alors que ses salariés n’ont perçu aucune augmentation depuis des années.
Avec François Hollande, avançons pour faire progresser la justice, notamment dans le monde du travail qui plus que jamais en a besoin.
Les commentaires récents