Voici un article paru dans le journal Métro du 26 janvier 2012 :
L'avenir toujours incertain de l'Hôtel-Dieu

Le transfert programmé d'une grande partie des services à l'hôpital Cochin sème le trouble au sein des équipes médicales. La maire du IVe dénonce une volonté de "tuer" l'hôpital du centre de Paris.
L'Hôtel-Dieu, plus vieil hôpital de Paris, va-t-il "mourir", être "démantelé" ou au contraire renaître au terme de long travaux ? La démission récente de la responsable des urgences médico-judiciaires vient ajouter au trouble qui régnait déjà au sein des équipes médicales.
Le médecin dénonce le danger que fait courir aux patients la suppression programmée des chirurgiens d'astreinte, appelés la nuit pour opérer les cas urgents. Dès novembre, les syndicats avaient dénoncé ces évolutions, l'USAP-CGT parlant d'une "destructuration" progressive de l'hôpital, situé à proximité de la cathédrale Notre-Dame.
"Il faut un projet médical"
Pour la maire PS du IVe, Dominique Bertinotti, cette démission n'est que le énième épisode d'un scénario catastrophe. "On ne sait plus qui est décisionnaire, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), l'Agence régionale de santé ou le ministère. Il faut arrêter de prendre des décisions qui partent dans tous les sens et élaborer un projet médical pour l'Hôtel-Dieu. Ou alors, on est en train d'achever la bête sans le dire."
L'Hôtel-Dieu (35.000 hospitalisations par an, 120.000 urgences, 350.000 consultations) est désormais regroupé avec les hôpitaux Cochin et Broca. "Le plan stratégique de l'AP-HP prévoit le transfert de la plupart des lits d'hospitalisation traditionnelle à Cochin, explique Sophie Albert, chargée du projet de transformation de l'Hôtel-Dieu. L'hôpital va conserver ses urgences, créer un grand centre de consultation, un centre universitaire et des écoles dédiées à la chirurgie, actuellement réparties sur plusieurs sites. Enfin, une petite partie libérée pourra accueillir l'administration de l'AP-HP qui aura quitté l'avenue Victoria."
"Un milliard" pour le rénover
Pour les soignants, l'incertitude domine. "On laisse pourrir doucement la situation, estime Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France (Amif). Il y a quelques années, il a même été même envisagé de vendre l'Hôtel-Dieu. On m'a expliqué que le rénover coûterait un milliard d'euros. C'est cher. Mais il ne faut pas oublier les services que rend cet hôpital."
L'AP-HP assure que des travaux "à l'étude" sont prévus entre 2013 et 2016 pour permettre la mue de l'hôpital. L'avenir le dira.
Vincent Michelon
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